GABON Aperçu


Le Gabon est un État de l'Afrique équatoriale, limité au nord par la Guinée-Équatoriale et le Cameroun, à l'est et au sud par le Congo, à l'ouest par l'océan Atlantique.

Relief et hydrographie

Le Gabon est un pays accidenté qui repose sur le vieux socle érodé de l'Afrique. Son territoire, qui s'étend sur 267 670 km² (la moitié de la France), est traversé par l'équateur et occupe en majeure partie le bassin du fleuve Ogooué, dont le delta débouche sur une plaine littorale que domine un arrière-pays de plateaux jalonnés de hauteurs (monts de Cristal au nord, monts du Chaillu et d'Achango au sud). La côte, rectiligne et bordée de lagunes, est entaillée au nord par de profondes rias (estuaire du Gabon). Plus au sud, la presqu'île du cap Lopez s'avance en pointe sur l'océan.
Le grand fleuve, l'Ogooué, qui prend sa source au Congo, a la majeure partie (1 170 km) de son cours au Gabon. Il est coupé de rapides et de passages resserrés. Ses eaux se séparent, en aval de Lambaréné, dans un delta intérieur comportant des lacs, avant de constituer un delta maritime enserrant la presqu'île du cap Lopez. L'Ogooué est navigable toute l'année en aval de Ndjolé (250 km).

Climat et végétation

Le Gabon a un climat équatorial favorable à la grande forêt, à la fois chaud et humide (entre 1 500 et 3 000 mm de pluies annuelles ) avec une courte saison sèche. La température moyenne est de 26 °C.
80 % du territoire est couvert par la forêt dense. Celle-ci comprend de très grands arbres et les essences ont une belle variété : acajou, okoumé, etc.

Géographie humaine

La population gabonaise, estimée à 1 014 000 d'habitants (1993), se compose d'une soixantaine d'ethnies. Les Fangs (35,5 %) sont les plus nombreux. Cette population est caractérisée par une très faible densité (4,8 h/km² [1997]) et une natalité (35 ‰) [estimation 1997] et une mortalité (15 ‰) [estimation 1997] relativement élevées. La population se concentre dans les grandes agglomérations (Libreville, Port-Gentil), la zone de Franceville et la région agricole de Woleu Ntem. Certaines régions sont pratiquement inhabitées (monts de Cristal, marécages du delta de l'Ogooué). Ce déséquilibre est dommageable car des zones entières de ce pays richement doté restent ainsi inexploitées. La croissance des villes est spectaculaire. La capitale, Libreville, compte 400 000 habitants ; Port-Gentil, 164 000 habitants ; Franceville, 75 500 habitants.
La langue officielle est le français. Les principales langues parlées sont toutes des langues bantoues : le fang, le punu, le téké, etc. 96,2 % des Gabonais sont chrétiens (65,2 % de catholiques, 18,8 % de protestants, 12,1 % de fidèles d'Églises indépendantes). Les adeptes des religions traditionnelles sont 2,9 % et les musulmans 0,8 %.

Économie

Le Gabon a longtemps été l'un des pays les plus riches de l'Afrique subsaharienne, mais une crise économique a résulté d'une croissance faible, d'une baisse du train de vie de l'État, de l'impossibilité de recourir à de nouveaux emprunts à l'étranger. Depuis la dévaluation du franc CFA (1994), la croissance est revenue, mais le niveau de vie moyen reste faible. Pour pallier la chute des recettes du pétrole, le Gabon a mis en œuvre une politique de rigueur et cherche à développer le secteur agricole ; il a obtenu en 1989 le rééchelonnement de sa dette extérieure.

Transgabonais (chemin de fer)

Voie ferrée qui relie Owendo, près de Libreville, à Ndjolé, Booué, jusqu'à Franceville avec un futur embranchement vers Belinga (gisements de fer).

Agriculture

L'agriculture gabonaise ne satisfait que moins de 10 % des besoins alimentaires. Le manioc est la première culture vivrière (10 % des terres cultivées). Le cacao et le café sont les deux seules cultures d'exportation mais les ventes annuelles restent insignifiantes. Le bois est la principale ressource issue du secteur primaire. La forêt, qui bénéficie d'un climat équatorial, couvre 80 % de la superficie du pays et renferme des essences (okoumé, sapelli ou ozigo)  très recherchées. L'okoumé, dont le Gabon a, avec le Congo et la Guinée-Équatoriale, le monopole, représente 93 % des ventes de bois.

Ressources minières et industrie

Le Gabon est un pays minier très riche. La production de pétrole (14,7 Mt), sur les sites maritimes de Mandji et de Rabi Kounga, progresse malgré un coût d'exploitation élevé (13 dollars le baril contre 5 dollars en Arabie Saoudite). Le Gabon produit également de l'uranium (680 t), du fer (Tchibanga, Mékambo - Belinga), du zinc, de l'argent, de l'or, des diamants et surtout du manganèse (2ème rang mondial grâce à Moanda), évacué par téléphérique sur Mayoko, puis par le Congo-Océan vers Pointe-Noire, au Congo. Le gisement de phosphate découvert en 1989 a des réserves évaluées à 50 millions de tonnes. L'hydroélectricité fournit 80 % de la consommation d'électricité.
Les industries de transformation se développent : raffinage du pétrole (2 Mt à Port-Gentil), chimie, ciment, agroalimentaire (sucrerie de Franceville), bois.
Le réseau routier a 6 898 km (11 % bitumés) ; le réseau ferroviaire 668 km (Transgabonais) avec en projet un prolongement de 237 km, qui joindra Booué à Belinga pour le transport du minerai de fer. Les principaux aéroports sont Libreville (662 000 passagers), Port-Gentil (266 000 passagers), Franceville (75 000 passagers). Les principaux ports sont Libreville, Owendo (face à Libreville, de l'autre côté de l'estuaire ) et Port-Gentil.

Arts

L'art sculptural des Fangs, à travers les masques et la statuaire, est très élaboré, bien qu'il ait un unique thème : l'ancêtre en méditation. Les statuettes, de couleur sombre, représentent des personnages debout, ou semi-assis, les genoux légèrement fléchis, le buste droit, les mains jointes sur la poitrine ; les visages sont caractéristiques : front bombé, face triangulaire ou concave, bouche proéminente, coiffure stylisée. Liées au culte des ancêtres, ces œuvres puissantes et aux formes équilibrées sont l'une des plus belles manifestations de l'art négro-africain. Les masques présentent une grande diversité ; sous leur décoration (plumes, fibres végétales, peinture souvent blanche) apparaît une grande pureté de lignes.

Religions

On désigne généralement sous le nom d'animisme les religions spécifiques de l'Afrique noire, mais ce terme, tel qu'il est interprété, simplifie à l'excès un ensemble très complexe que dénature encore davantage ce qu'on entend d'habitude par le terme de fétichisme.

Religions indigènes

La presque totalité des peuples africains connaît la notion d'un dieu suprême généralement considéré comme créateur : Amma chez les Dogons ; Faro chez les Bambara ; Nyamé chez les Ashanti ; Olorum chez les Yorouba ; Nyambé dans l'ouest du Cameroun, etc. D'importance variable selon les panthéons, le dieu suprême est souvent considéré comme lointain ; la plupart des cultes s'adressent plutôt aux dieux secondaires, qui sont plus ou moins considérés comme ses messagers.
Les dieux secondaires, plus familiers, varient en nombre selon les civilisations et répondent aux divers besoins des hommes ; ce sont aussi des protecteurs de villages. Mais de la mosaïque qu'ils composent se dégagent des dieux plus importants dont la puissance est symbolisée par les agents naturels : ciel, terre, maladies diverses, etc. Parfois ces dieux sont des héros civilisateurs ou des ancêtres mythiques (Soudan). Généralement, les cultes adressés aux dieux se déroulent dans la maison familiale ou dans le village ; cependant, certaines civilisations les pratiquent dans des temples (Souassi, Dogons, etc). À l'exception de la côte de Guinée, la vie religieuse africaine n'est contrôlée par aucun clergé. Pour les Africains, il existe une profonde cohérence entre le surnaturel et la nature, entre le sacré et le profane, et les mythes constituent «des explications indigènes, des manifestations de la nature » (Germaine Dieterlen, Marcel Griaule, le Renard pâle ).
Pour la plupart des peuples africains, la religion vise à la réalisation du bonheur des hommes, bonheur proportionnel à la force vitale que possède chacun. La force vitale, appelée Évur au Gabon, Élima au Congo ou Nyama chez les Dogons, présente chez l'être vivant, chez les ancêtres et dans la nature, circule à la manière d'un fluide qui peut se concentrer dans certaines personnes, dans certains noms ou dans certains objets de culte. Chez l'homme la force vitale se localise dans tous les organes du corps, et de ces divers éléments qui se dissocient à la mort, il en reste un qui garde sa personnalité pour une nouvelle existence : celle d'ancêtre. La vie d'ancêtre se déroule en général dans deux endroits à la fois : au séjour des morts ainsi qu'au village où ils ont été enterrés et d'où ils surveillent les vivants. Ces derniers sont liés à leur ancêtre par un système d'obligations ; les funérailles doivent être assurées de façon convenable afin que s'effectue le délicat passage de ce monde à l'autre, puis afin d'éviter la colère ou le dépérissement de l'ancêtre, on doit aussi par des offrandes et des sacrifices entretenir sa force vitale.
Les ancêtres font tout autant partie du village que les vivants et la vie sociale repose sur un échange permanent de services et de forces entre chacun. Les ancêtres veillent au respect de la discipline, de la morale, d'une certaine égalité dans les conditions matérielles et s'assurent de la participation de chacun aux travaux et aux cérémonies de la communauté. Dans cette société cohérente, où l'isolement de l'individu est inconcevable, la hiérarchie sociale s'étend aux ancêtres : les grands ancêtres fondateurs sont au sommet, puis viennent les ancêtres de chaque groupe de parenté étendue, ensuite les descendants de ces derniers, jusqu'au patriarche vivant. Ce patriarche dispose des forces vitales humaines et naturelles, et il accomplit les rites envers la nature et les ancêtres. Cependant sur un plan plus large, au-dessus du patriarche, se trouvent les chefs politico-religieux, qui sont les plus puissants intermédiaires entre la mort et la nature. Lorsque, au cours de leur histoire, les civilisations africaines ont fondé des royaumes, le roi jouissait de pouvoirs de même nature que les ancêtres, et servait en outre de lien avec les réserves de forces vitales ; il représentait ainsi le noyau de l'ordre du monde. Quant aux croyances, elles déterminent de façon contraignante la pratique de certaines activités économiques - forgerons, potiers, tisserands, selon les divers peuples -, et les tabous qui les entourent donnent naissance à des «castes » socioprofessionnelles - il est ainsi exclu qu'un non-forgeron se mette à forger ses propres outils. Souvent, les gestes mêmes accomplis par les membres de ces castes dans l'exercice de leur métier sont strictement déterminés en fonction de la cosmogonie.
Les croyances et les mythes se trouvaient donc au cœur de la vie sociale, politique et même économique de l'Afrique traditionnelle. De nombreux travaux ethnologiques ont tâché de rendre compte de ces visions du monde, souvent fort complexes, que l'on ne peut espérer comprendre dans toute leur ampleur qu'en oubliant les schémas de pensée des religions aujourd'hui dominantes. Or, des facteurs extérieurs ont bouleversé cet édifice de l'Afrique ancienne, de façon parfois radicale. Il s'agit en premier lieu des religions monothéistes, apportées par les conquérants musulmans et les colons européens, qui ont souvent été imposées par la force.


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